| Pour son premier marathon, Alessandro Tomaiuolo voulait arriver dans les 100 premiers; il est 14 ème.
Ses impressions?
« Magnifique; ça fait 8 mois que j'y pense. L'arrivée a été très émouvante, dit-il perplexe, j'étais au bord des larmes... et pourtant, c'est pas mon genre. L'arrivée au milieu du désert est d'une beauté qui reflète l'esprit de la course.
Maintenant l'ambiance au bivouac est complètement différente, tout le monde semble soulagé, détendu.
Je regrette juste de n'avoir pas pu courir toutes les étapes, mais ça me laisse sur une juste faim qui appelle à un retour. Cette course est auréolée d'une aura quasi mythique, mais en fait, si tu es en bonne forme physique et que tu t'entraînes sérieusement, elle est relativement accessible.
80% de la course se passe dans la tête et l'arrivée des deux anciens coureurs hier soir le prouve. Cet instant vaut toutes les courses du monde, c'était une merveille. Du reste, je compte revenir avec mon père de 64 ans. (marathonien confirmé. nda)
Le mental, c'est pour moi la façon dont tu abordes la peur. La peur de ne pas y arriver...
Je n'avais jamais couru plus de 42km, 80 km, déjà, ça m' impressionnait, mais quand subitement l'étape est passée à 92km, l'agitation, l'angoisse sont apparues. La seule chose dans ces moments là, c'est de regarder les choses simplement pour ce qu'elles sont. Si tu es face à un problème que tu ne peux pas résoudre, ce n'est donc plus un problème pour toi, il est inutile de le ressasser. Comme il est inutile de brandir la peur et de cataloguer comme dangereuses des situations qui relèvent simplement de l'inconnu. C'est ça ce qui te permet de repousser tes barrières mentales. Du coup j'apparais peut-être comme quelqu'un d'un peu froid, mais ce calme permet de reconnaître ce qui est vraiment important et de focaliser mon attention dessus, alors que tout se mélange dans un grand chaudron émotionnel. La part du rêveur existe toujours, mais à un niveau plus intime et profond.
Je cours seul, je m'entraîne seul, chacun travaille à sa façon. Je suis loin de l'agitation et de l'angoisse du classement, ce qui arrive, arrive, à chacun de lui donner son juste prix.
Le désert est l'endroit où tu retrouves le plus profond de toi-même dans l'état brut de la nature. Pour moi qui ai traversé plusieurs déserts, en Lybie, en Tunisie, faire cette course est la manière la plus fatigante et plus belle de vivre cette nature.
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